Le secteur du CHR représente plus de 200 000 établissements et près d’un million de salariés en France. Pilier de l’économie et du tourisme, ce secteur connaît depuis plusieurs années une crise de recrutement CHR sans précédent. La pandémie de Covid-19 l’a aggravée. Elle était alimentée par conditions de travail éprouvantes et une image dégradée auprès des jeunes. La pandémie a accéléré et amplifié cette pénurie déjà bien installée. Ainsi, économiquement, les entreprises peinent à se redresser. C’est un cercle vicieux difficile à briser.
Des conditions de travail exigeantes
Les métiers du CHR ont leurs exigences : horaires décalés, travail physique, rythme soutenu. Mais ils s’adressent avant tout à des personnes dynamiques, à l’aise sur le terrain, qui s’épanouissent dans l’action et trouvent leur énergie dans le contact humain.
Des horaires peu modulables
Travailler en CHR, c’est travailler quand les autres se reposent : le soir, le week-end et les jours fériés. Ce sont des horaires et un rythme de travail difficile à concilier avec une vie de famille, des loisirs ou simplement des envies.
Un travail plus ou moins physique
Avant tout, les postes en CHR demandent d’être constamment actifs : rester debout des heures, porter des plats, gérer des clients parfois impatients…
Une attractivité vue comme déplaisante
En France, 64 % des restaurateurs peinent à recruter. Pas par manque de candidats, mais parce que quelque part, le contrat de confiance entre le secteur et ses futurs salariés s’est fissuré sur la question du salaire, et sur celle de l’image.
Une rémunération à la hauteur des exigences ?
La question de la rémunération peut être l’un des freins majeurs quant au souhait de candidater. Du fait des exigences du travail, certains candidats trouvent le salaire trop bas pour le type de missions demandées.
La génération Z en ont une mauvaise image
Les nouvelles générations sont plus exigeantes et souhaitent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. L’image généralement renvoyée par les métiers du CHR entre en conflit avec leurs attentes.
Une complexité sociale
Actuellement, en France, le marché du travail est sous tension. Depuis la crise sanitaire de 2020, de nombreux établissements ont été contraints à la fermeture et un taux considérable d’employés se sont reconvertis ou ont quitté leur poste. La crise sanitaire a aussi beaucoup changé le rapport au travail de salariés. Le confinement a poussé de nombreuses personnes à se poser des questions : est-ce que mon travail vaut les sacrifices qu’il me demande ? Pour beaucoup de salariés du CHR, la réponse a été non.
Mais la crise sanitaire ne fait pas tout. Et c’est ce dont Thierry Marx, président de l’UMIH et figure incontournable du secteur, évoque lors de sa prise de parole sur cette problématique.
Chaque jour, 23 restaurants ferment en France. Quand un ouvre, cinq ferment. Un déséquilibre qui illustre à lui seul la fragilité du modèle. Ainsi, face à cela, la profession doit assurer le recrutement CHR pour près de 200 000 personnes chaque année. C’est un objectif de plus en plus difficile à atteindre dans un contexte où l’ubérisation des métiers fragilise l’emploi traditionnel. Et les nouvelles générations attendent bien plus qu’un simple poste. Sa réponse est claire : le travail doit redevenir un outil d’épanouissement pour le salarié. Le secteur doit se réinventer en profondeur pour retrouver son attractivité.
Des entreprises en crise
Le manque de personnel pèse directement sur la rentabilité et la durée des établissements, à plusieurs niveaux. Cette crise touche à la ressource la plus fondamentale d’un secteur qui, par nature, repose entièrement sur l’humain.
Un chiffre d’affaires impacté
La problématique de recrutement CHR impacte directement le bon déroulement de l’entreprise. De nombreux établissements sont contraints de réduire leurs jours ou horaires d’ouverture, de fermer certains services ou de limiter le nombre de couverts, ce qui engendre une baisse des ventes, impactant à possibilité de recrutement. C’est une boucle sans fin.
Des coûts importants à mettre en place
Pour combler l’absence de personnel, les établissements ont recours à l’intérim, aux extras, aux heures supplémentaires : autant de solutions coûteuses et souvent peu fiables sur la durée. À cela, s’ajoutent les coûts de recrutement répétés : annonces, plateformes, cabinets spécialisés, temps passé en entretiens. Chaque départ est une dépense cachée que peu d’établissements arrivent à pallier.
Des freins au développement
Quand l’énergie managériale est entièrement absorbée par la gestion des plannings et le recrutement CHR d’urgence, il ne reste plus grand-chose pour penser à l’avenir. Les projets d’ouverture, de rénovation ou de montée en gamme sont repoussés indéfiniment. Et lorsque vient le moment de céder ou de lever des fonds, les patrons font face à des refus. La pénurie ne prive pas seulement les établissements de personnel, elle les prive de leur capacité à grandir et à terme, à améliorer leur valeur sur le marché. Cela vient impacter, inconsciemment le développement des employés ainsi que l’organisation de leur travail au sein de l’entreprise.
Un secteur exigeant, mais riche d’opportunités pour tous
Derrière la crise et les chiffres inquiétants, le CHR représente réellement l’économie française. Cependant, le CHR est plus qu’un chiffre, pour l’économie française et pour ses salariés. Avec plus de 200 000 établissements, 1 million de salariés et 7 % du PIB national, le CHR structure l’économie. Il fait vivre des territoires entiers, anime les centres-villes, attire les touristes et perpétue un art de vivre. Derrière chaque table dressée, chaque chambre préparée, chaque café servi, se cachent savoir-faire, exigence et fierté du travail bien fait. Pour le recrutement CHR, ces métiers exigent talents, rigueur et engagement.
C’est l’un des rares domaines où l’on peut commencer à travailler rapidement, sans diplôme, sans formation spécifique et avec la possibilité d’évoluer vite grâce au mérite. Alternant, débutant, expérimenté ou bien même en fin de carrière, les métiers du CHR offrent une possibilité à tous les profils de postuler. Il y a des offres très diversifiées pour tous les profils et toutes les passions. Car c’est là l’essence même de ces métiers : c’est un secteur profondément humain, où chaque jour est différent et où la satisfaction du travail bien fait est immédiate, il regorge d’un défi à relever collectivement.
Conclusion
Alors, oui, les défis sont réels. Mais reste un secteur profondément concret, ancré dans le réel, où l’on crée de la valeur avec ses mains, son sens de l’accueil et sa passion.
Au terme de ce constat, c’est justement en s’adaptant aux attentes d’aujourd’hui que le CHR pourra retrouver son attractivité, sans pour autant renoncer à l’exigence qui fait sa réputation. Il n’a de sens que de se focaliser sur une amélioration des conditions de travail, de miser sur la formation et de rétablir une image du secteur pleine d’épanouissement et d’opportunités.
Sources : aucoeurduchr.fr | asso-en-vie.fr | emploichr.net